Avec Velcorex, Pierre Schmitt bâtit un groupe textile intégré

Avec Velcorex, Pierre Schmitt bâtit un groupe textile intégré

septembre 16, 2019 0 Par admin

Pierre Schmitt est un entrepreneur qui n’a pas froid aux yeux. En quelques années, cet ancien cadre de chez DMC a racheté trois entreprises de textile dans le Haut-Rhin, évitant ainsi leur disparition. Aujourd’hui, il a décidé de les réunir autour de sa marque phare Velcorex – numéro un européen du velours – et de créer le groupe Velcorex-Matières françaises.

Un patrimoine industriel à préserver

« A l’époque, tout le monde pensait que c’était une folie de reprendre une vieille entreprise dans le textile. Mais je ne pouvais pas laisser disparaître un patrimoine historique vieux de deux siècles », raconte Pierre Schmitt. Privilégiant le capital immatériel de Velcorex à ses ennuis financiers, il reprend l’entreprise en 2010, alors qu’elle est au bord de la fermeture et placée en liquidation depuis mars.

Sa stratégie pour la redresser est simple, s’appuyer sur ses atouts : une main-d’oeuvre très qualifiée, un outil industriel à la pointe et la renommée internationale de la marque Velcorex. Pour réussir, il a conservé une cinquantaine de salariés puis a réembauché progressivement jusqu’à 95 salariés aujourd’hui, en priorité parmi les anciens de chez Velcorex. Pierre Schmitt a également 
changé le nom de l’entreprise
, SAIC Velcorex est devenu Velcorex since 1828 pour valoriser la marque, son histoire et son expérience. « Il ne faut jamais oublier de préserver ce qui fonctionne bien quand on reprend une entreprise. Dans toute société, même la plus mal en point, il y a toujours des choses qui marchent. Il faut juste savoir les identifier et les garder », résume Pierre Schmitt.

L’un des gros chantiers de cette reprise a aussi été la question du financement, indispensable pour financer la reprise d’activité, stoppée pendant près de sept mois. Cinq banques ont joué le jeu, soutenues par des cautions de la part de 
Bpifrance
mais aussi des cautions personnelles de la part du repreneur. C’est cette stratégie qui lui a permis de faire revenir de grands clients comme Zara et Hugo Boss en un temps record. « En 2012, notre chiffre d’affaires est passé de 14 à 20 millions d’euros, ce qui nous a permis de sortir du rouge », commente Pierre Schmitt.


– DR

Créer des synergies

Pour Velcorex, mission accomplie. Reste à faire de même avec les autres fleurons du textile français repris par l’entrepreneur. Il s’agit de Virtuose – devenu depuis Emanuel Lang, repris en 2013, basé à Hirsingue et de Tissage des Chaumes, repris en 2012, à Sainte-Marie-aux-Mines. Mais plutôt que de procéder au cas par cas, l’entrepreneur préfère adopter une vision plus globale et mise sur la création de synergies à la fois commerciales, industrielles et artistiques. « Emanuel Lang est spécialiste du tissage et de la filature. Velcorex, quant à lui, prend le relais avec l’ennoblissement des tissus. Les deux entreprises ont des activités très complémentaires, et avec la montée en puissance de matières naturelles pour le textile comme le lin, le chanvre et l’ortie, nous visons de nouvelles niches en forte croissance, explique-t-il. Quant à Tissage des Chaumes, il s’agit d’un fournisseur historique de Chanel et d’autres grandes marques, qui dispose d’un fort potentiel artistique et haut de gamme. »

Ces acteurs du textile peuvent également s’appuyer sur l’entreprise spécialisée dans les tissus pour le prêt-à-porter féminin et cofondée par leur repreneur en 1998, Philea Textile. « Plus orienté soierie, Philea a permis de donner un aspect un peu plus décontracté au velours de Velcorex et inversement. »

Maîtriser toute la chaîne de valeur

Symbole de cette union entre chacune des marques de son portefeuille (Velcorex, Phileo, Emanuel Lang et Tissage des Chaumes), Pierre Schmitt a décidé de toutes les regrouper sous le groupe « Velcorex-Matières françaises » qui représente un total de chiffre d’affaires de 30 millions d’euros et 150 salariés. Un nom qui témoigne à la fois de sa volonté de les faire avancer dans le même sens, mais aussi d’adopter une stratégie de filière, « de la plante au consommateur ».

« Nous voulons également sortir de l’habillement pour nous ouvrir à d’autres secteurs d’activités. Ce que nous pouvons par exemple faire grâce à notre expertise sur les matériaux composites. Nous souhaitons aussi miser sur notre complémentarité pour adopter une vraie stratégie de filière, 100 % made in France. » Le groupe a d’ailleurs inauguré sa toute première boutique à Colmar et espère sortir un site marchand pour septembre 2019. « Nous maîtriserons ainsi jusqu’à la distribution de nos produits finis », complète le repreneur.


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