Comment appliquer le zéro déchet en voyage ?

Comment appliquer le zéro déchet en voyage ?

novembre 16, 2019 0 Par admin

« 

L’électrochoc m’est venu lors d’un séjour en Indonésie quand j’avais 18 ans. Il y avait des déchets partout dans la nature. Et je me suis rendu compte qu’en tant que touriste, j’en produisais aussi énormément

« , confesse Emilie Russo, une Strasbourgeoise qui a décidé de créer une association,

l’essence du voyage

, dédiée aux voyages respectueux de l’environnement et de l’impact socio-économique du tourisme dans les pays visités.

Pour sensibiliser aux dégâts causés par le tourisme de masse, l’Alsacienne qui a suivi un master d’économie sociale et solidaire à Mulhouse, avance des chiffres choc : « Une étude a été menée aux Maldives, une destination touristique réputée. Cette étude conclut qu’un touriste produit 3 kilos et demi de déchets par jour, alors qu’en France un habitant produit 1 kilo et demi de détritus« .

Un paradoxe qui démontre combien les vacanciers polluent, même s’ils font attention. Dans les hôtels ou dans les lieux de restauration, le jetable est souvent la tendance. Rien que pour les transports et l’hébergement, une étude parue dans la revue « Nature Climate Change » conclut que le tourisme est responsable de 8% des gaz à effet de serre, chiffre qui monte à 13% si l’on inclut la restauration.

La méthode Greta Thunberg

Emilie a aujourd’hui 29 ans, et depuis ce séjour en Indonésie, elle ne voyage plus pareil. « 

Je ne prends plus jamais l’avion,

explique-t-elle.

Si je dois me déplacer, je privilégie le train, la marche ou le vélo.

 » Quand il s’agit de traverser des océans, surgit la principale contrainte. « 

J’applique la méthode Greta Thunberg

, sourit la voyageuse alsacienne.

Il n’y a que le voilier. Mais forcément c’est plus long. Il faut compter quinze jours pour aller en Amérique.

« 

Voyager en mode zéro déchet ne coûte pas plus cher, peut même vous faire faire des économies mais vous demandra donc davantage d’investissement en temps. Et en termes d’organisation. Emilie a également complètement revu sa conception des bagages. « Lors de mes premiers voyages, non seulement je voyageais en avion mais j’avais aussi beaucoup de bagages, parfois trois valises très lourdes. Alors j’ai tout réduit pour arriver à un sac à dos minimaliste qui n’excède pas huit kilos. Et avec ça je peux partir en déplacement pour six mois » précise-t-elle.

Avec mon sac de huit kilos, je peux partir six mois
Emilie Russo, créatrice de l’essence du voyage

 

Emilie Russo et son sac de huit kilos. / © Emilie Russo
Emilie Russo et son sac de huit kilos. / © Emilie Russo

La voyageuse écolo n’étant pas avare de conseils, elle nous a détaillé le contenu-type de son sac à dos zéro déchet de huit kilos :

  • un couteau suisse
  • une lampe frontale ou dynamo (sans piles bien sûr)
  • une gourde filtante ou un purificateur d’eau : un indispensable dans les pays chauds ou dans les contrées où l’eau du robinet n’est pas buvable (vous trouverez sur un site dédié tous les conseils pratiques. Certains filtres peuvent traiter jusqu’à 1000 litres d’eau, de quoi économiser plus de 650 bouteilles de 1.5 litre en plastique.)
  • un set de couverts réutilisables
  • un bol et une tasse en inox ainsi qu’une boîte hermétique pour vos repas
  • quelques sacs en tissu pour le linge sale, les courses ou la récupération de déchets trouvés dans la nature
  • un paréo. Léger, il peut servir à beaucoup de choses : pour se protéger du soleil ou en guise d’écharpe, drap de bain, pour se couvrir la tête ou les jambes quand certains usages l’imposent.
  • chapeau/casquette
  • sac de couchage
  • vêtements en laine, lin, chanvre
  • chargeur de téléphone solaire
  • pour les femmes, cup et/ou serviettes ou culottes hygiéniques lavables
  • une couverture de survie
Le contenu du sac à dos minimaliste d'Emilie / © Emilie Russo
Le contenu du sac à dos minimaliste d’Emilie / © Emilie Russo

Et c’est dans sa

trousse de toilette

que l’on déniche les idées les plus astucieuses :

  • un pain de savon de Marseille : il vous servira à vous laver le corps et les cheveux, votre linge. Vous pouvez également l’utiliser comme dentifrice : « J’ai demandé avis à mon dentiste, rassure Emilie Russo. Il m’a dit que c’était un bon antiseptique. Tous les deux semaines, j’ajoute un peu de bicarbonate de soude. Et comme ça n’a pas très bon goût, j’ajoute quelques gouttes d’huiles essentielles de menthe poivrée.« 
  • une brosse à dent en bois ou avec des têtes interchangeables recyclables
  • du bicarbonate de soude, pour les dents donc, et comme déodorant : « Ça masque bien les odeurs, explique la voyageuse. Je n’ai besoin d’en utiliser que tous les trois ou quatre jours, en poudre ou dilué avec un peu d’huile pour les peaux sensibles.« 
  • une huile (de coco, de lin, de jojoba) pour l’hydratation de la peau et des cheveux
  • des huiles essentielles (tea tree pour les coups de fatigue, lavande pour les brûlures, les piqûres d’insectes ou pour s’apaiser, menthe poivrée pour les nausées et les maux de tête)
  • baume du tigre

Un crème solaire fait-maison

Pour se protéger du soleil, adieu les flacons, Emilie a même concocté une

recette de crème solaire

:

  • – 1/2 tasse d’huile d’olive
  • 1/2 tasse d’huile de coco
  • 1/4 tasse de cire d’abeille ou végétale
  • 3 cuillère à soupe d’oxyde de zinc sans nanoparticules, trouvable en pharmacie
  • 1 cuillère à soupe d’eau

Faire fondre au bain-marie la cire et les deux huiles à feu très doux. Une fois les ingrédients mélangés, éteindre le feu, attendre quelques minutes sans laisser durcir. Ajouter l’oxyde de zinc (doser selon la prtotection voulue : une cuillère à soupe équivaut à un indice de protection 10) avec une cuillère à soupe d’eau. Attention à ne pas respirer l’oxyde de zinc pendant la préparation. Ne reste qu’à remuer avant chaque utilisation.

Petit conseil de bon sens : il ne faut pas mettre de protection solaire (même celle d’Emilie) avant de se mettre à l’eau dans la mer. Les compositions peuvent contenir des substances nocives pour les coraux et la faune aquatique.

Et pour le GPS ?

Emilie part toujours en voyage avec un téléphone portable, pour faire des photos notamment. Mais elle ne s’en sert pas pour se diriger. Pour cela, elle revient aux bonnes vieilles méthodes : les cartes et le suivi des panneaux de balisage. Quand elle est perdue ? « Je demande simplement aux gens que je croise sur mon chemin. Ca permet en même temps de provoquer des rencontres, ce qui est tout de même le but des voyages.« 

Son prochain grand voyage, ce sera la Russie dans un an et demi. Un voyage qu’elle prépare déjà car elle a prévu de s’y rendre en vélo. « Je n’aurai qu’à suivre les panneaux sur les pistes cyclables, prévoit-elle. Les itinéraires sont en général bien indiqués. »

L'île de Tilafushi, aux Maldives, est jonchée de détritus et de décharges. / © Roberto Schmidt / AFP
L’île de Tilafushi, aux Maldives, est jonchée de détritus et de décharges. / © Roberto Schmidt / AFP

Elle ramasse les déchets des autres

Dans son grand sac, Emilie en a toujours un petit (en tissu, bien sûr), pour ramasser les déchets qu’elle trouve dans les pays qu’elle visite. Elle a même impulsé un changement de comportement en Indonésie, pays qu’elle affectionne particulièrement et où elle retourne régulièrement. « Il y a encore quelques années, les locaux se servaient de feuilles de banane en guise d’assiette. Quand ils avaient fini de manger, ils les jetaient par terre dans la nature, raconte-t-elle. Avec la venue en masse de touristes occidentaux, le plastique a fait son apparition : les gens mangeaient dans des assiettes qu’ils jetaient comme des feuilles de banane, sans penser que le plastique n’allait pas se décomposer. « 

Et puis un jour, l’une de ses amies indonésiennes lui apprend qu’elle vient de créer une société : elle livre des repas à domicile avec des contenants réutilisables…. et une feuille de banane, pour que les Indonésiens renouent avec cet usage. »Elle a pris conscience qu’il fallait arrêter le plastique« , confie Emilie avec une pointe de fierté d’avoir ainsi fait des émules.

 

Conférence et atelier à Schiltigheim le 16 novembre 2019

Pour profiter des précieux conseils d’Emilie Russo, vous pourrez la rencontrer le samedi 16 novembre à l’occasion d’une grande journée « zéro déchet » dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets, à l’hôtel de ville de Schitigheim (Bas-Rhin). Le programme de la journée est à retrouver sur la page Facebook du collectif Zero Waste Strasbourg. Emilie Russo animera une conférence à 11 heures puis tiendra un stand l’après-midi.

L’actualité d’Emilie Russo est à retrouver sur sa page de l’essence du voyage.


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