Dans le paradis angevin des plantes médicinales

Dans le paradis angevin des plantes médicinales

novembre 8, 2019 0 Par admin

Avec ses pompons blancs qui forment, de juillet à août, un élégant tapis immaculé, la camomille romaine (Chamaemelum nobile) est l’une des «trois dames» de Chemillé-en-Anjou. Avec la rose de Provins et la menthe poivrée de Hongrie, cette petite marguerite à fleurs doubles, réputée pour ses propriétés anti-inflammatoires, fait encore la fortune de cette commune rurale située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Angers. Plus de 800 hectares de plantes médicinales sont, en effet, cultivés en Anjou dont les trois quarts à Chemillé et la moitié en camomille romaine.

«Quand le phylloxéra a dévasté le vignoble angevin à la fin du XIXe siècle, les cultivateurs de la région se sont lancés dans la culture de plantes médicinales et de bien-être, une activité rentable dont la cueillette était surtout effectuée par les femmes et les enfants», explique Alexandre Piette, responsable de l’animation du jardin Camifolia où sont cultivées, dans un splendide parc de 3,5 hectares au cœur de Chemillé, plus de 600 espèces de plantes aromatiques, médicinales et tinctoriales.

Cultivée sur plusieurs centaines d’hectares, la camomille romaine est réputée pour ses propriétés anti-inflammatoires. x

Première étape de la visite, le «jardin des senteurs» – aménagé en 2008 sur trois terrasses, en hommage aux vignes d’antan – est un festival olfactif. L’occasion de découvrir toute la gamme des variétés de menthe possibles et imaginables ou de humer avec gourmandise les délicieux effluves de miel des alysses odorants (Lobularia maritima). Plus loin, le parfum de noix de kola dégagé par l’armoise Artemisia abrotanum ‘Maritima’ n’est pas sans rappeler celui d’un célèbre soda. Et que dire de l’étonnant «cosmos chocolat» dont le nom et l’arôme subtil évoquent la douceur gourmande des matins de Pâques?

«Éveiller les cinq sens»

Puis, après avoir longé la cascade qui descend vers le miroir d’eau, en partie couvert de splendides lotus, et traversé le théâtre de verdure de 600 places où sont régulièrement donnés des spectacles de plein air, le visiteur pénètre dans le «jardin des cultures locales». Outre le parterre de camomille romaine, cet espace valorise neuf autres espèces de plantes médicinales cultivées localement, en particulier le souci, la bardane dont le fruit a inspiré l’inventeur de la bande Velcro, l’angélique, la reine-des-prés, l’hysope, l’eschscholtzia ou encore le chardon-marie (Silybum marianum). L’été, pendant la floraison, des démonstrations de cueillette de camomille romaine sont faites par des ancien(ne)s. «Les gens étaient payés au kilo et il fallait 1 700 fleurs pour en faire un», souligne Alexandre Piette.

Quatre autres espaces thématiques jalonnent le parcours: celui des plantes médicinales mais toxiques, comme la digitale ou le laurier-rose, rappelle au public et notamment aux plus jeunes, que le monde végétal est parfois impitoyable, tandis que le jardin dit «des hommes médicinaux» met en scène des statues évoquant les parties du corps soignées par les plantes situées à leurs pieds.

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Au «jardin des saveurs», la dégustation d’une feuille de plante huître (Mertensia maritima) vous transportera instantanément devant l’étal d’un ostréiculteur du port de Cancale, sans parler de l’étonnante plante électrique (Spilantes oleracea), ou cresson de Para, qui génère une curieuse sensation piquante dans la bouche. Le jardin des fibres (lin, chanvre…) et des couleurs expose toute la gamme des plantes dites tinctoriales (garance, pastel, indigo…), cultivées sur de grandes surfaces jusqu’à ce qu’elles soient détrônées par les colorants de synthèse.

Classé «Jardin remarquable» par le ministère de la Culture depuis cette année, «Camifolia a pour vocation d’éveiller les cinq sens tout en faisant découvrir ou redécouvrir un patrimoine végétal d’une grande valeur», poursuit Alexandre Piette. Ouvert du 1er mai au 31 octobre, ce parc botanique géré par la commune de Chemillé-en-Anjou, l’office de tourisme et l’association des Amis du jardin Camifolia a accueilli 27 000 visiteurs, l’an passé, dont 7 000 scolaires à qui une quinzaine d’ateliers pédagogiques sont proposés. Si vous êtes dans la région, il vous reste encore quelques jours pour y faire un saut!

• Pour en savoir plus: Jardin Camifolia, 11, rue de l’Arzillé, Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire).


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