Ecopel, la PME qui profite du nouvel attrait pour la fausse fourrure

Ecopel, la PME qui profite du nouvel attrait pour la fausse fourrure

octobre 23, 2019 0 Par admin

C’est l’histoire d’une reconversion réussie. Celle d’un fabricant de peluche pour le jouet qui a décidé il y a quinze ans de s’orienter vers la mode. Une mutation facilitée par son appartenance au conglomérat chinois Haixin, coté à Hong-Kong et Shanghaï dont les intérêts vont de la pharmacie à l’immobilier. Ecopel est rapidement devenue l’un des premiers fabricants mondiaux de fausses fourrures, ou plutôt de « faux furs », comme on dit maintenant.

Longtemps considéré comme la « fourrure du pauvre », le poil synthétique s’est de fait beaucoup amélioré. Plus doux, plus brillant et plus léger, il a opéré un retour spectaculaire dans les collections. Il fait surtout de nouveaux adeptes auprès de ceux qui dénoncent la maltraitance animale. Un regain d’intérêt dont les acteurs traditionnels du secteur en France n’ont pas pu profiter. Tissavel, l’entreprise nordiste a été liquidée en 2013, quant à Peltex, le dernier fabricant français implanté dans les Vosges, il vient justement d’être racheté par… Ecopel qui a repris le site et ses 30 salariés.

15 % à 20 % de croissance

L’activité d’Ecopel s’est accélérée depuis que de nombreuses marques de luxe ont renoncé à la fourrure animale. « 

, la pionnière, a été notre première cliente, en entraînant d’autres dans son sillage. Depuis trois ans nos ventes ont vraiment décollé », constate Christopher Sarfati, le Français à la tête de la société. Ses bureaux sont installés faubourg Poissonnière, le quartier historique des fourreurs à Paris.

Les ventes de la PME progressent de 15 % à 20 % par an et le chiffre d’affaires a franchi la barre des 100 millions de dollars. Après Gucci, Chanel, Prada, Givenchy et Kenzo… ont suivi le mouvement et se sont engagés à ne plus proposer de fourrure animale. « Aussi bien chez LVMH que chez Kering, on nous pousse à innover », relève Christopher Sarfati.

Maïs et chanvre

Pour cela, l’entreprise s’appuie sur ses partenariats avec les grands fabricants de fibres synthétiques. Le Japonais Kanekaron dont le Modacrylic est tellement fin qu’il sert aussi aux extensions capillaires. Et l’américain DuPont qui ouvre la voie à la fourrure végétale avec une fibre issue de résidus de bio carburants de maïs. Autre piste qu’il compte explorer avec Peltex : les dérivés du chanvre.

A ces innovations s’ajoute le recyclage du PET (sacs plastiques et bouteilles) de nos polaires, qui peut aussi se transformer en fourrure synthétique. Dès l’année prochaine, le polyester recyclé représentera environ un tiers des collections d’Ecopel (contre seulement 10 % en 2019). Vendues 35 à 40 dollars le mètre, ces nouvelles matières valent 30 % plus cher que les fibres traditionnelles. Ce qui donne des prix de détail entre 3.000 et 5.000 euros pour un manteau, comparable à ceux des beaux cachemires. « Beaucoup de fourreurs historiques nous approchent », se félicite d’ailleurs Christopher Sarfati.

La Californie interdit à son tour la vente de fourrure neuve

Après Los Angeles, c’est l’Etat de Californie qui va interdire, à compter de 2023, la vente de vêtements et accessoires en fourrure neuve. Vison, chinchilla mais aussi renard et lapin, presque toutes les fourrures et les fermes d’élevage sont visées exception faite des peaux de vaches, chèvres ou agneau résultant de l’élevage pour l’alimentation. Elle rejoint une liste déjà longue de pays qui l’ont déjà fait et qui ont pris des mesures tendant à éliminer progressivement les élevages. En gros, l’ensemble des pays scandinaves, d’Europe de l’Est ainsi que le Royaume Uni (pionnier en la matière), la Suisse, l’Autriche, le Benelux, l’Allemagne et l’Inde. Les fourrures anciennes ne sont pas concernées mais la stigmatisation de ceux qui les portent par les campagnes activistes, type Peta, ainsi que la pression des jeunes, ont un réel effet dissuasif.


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