Exposition : deux rois de Nara veillent sur le Musée Guimet

Exposition : deux rois de Nara veillent sur le Musée Guimet

février 9, 2019 0 Par admin

Classées « trésor national » au Japon, les statues sont pour la première fois sorties du pays.

Par Sylvie Kerviel Publié le 31 janvier 2019 à 09h12

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Statue en bois du « kongo rikishi » (« agyo » ou à bouche ouverte).
Statue en bois du « kongo rikishi » (« agyo » ou à bouche ouverte). TEMPLE DU KOFUKUJI

Avec leur corps musculeux, leur regard intense, leurs sourcils froncés et leur bouche grimaçante, ces deux rois gardiens (kongo rikishi) font forte impression dans la rotonde du Musée Guimet. Pour marquer la fin de « Japonismes 2018 » qui, depuis six mois, célèbre à Paris la culture nippone, le Musée national des arts asiatiques présente pour la première fois hors de leur pays ces deux chefs-d’œuvre de la sculpture japonaise médiévale.

Classées « trésor national », ces statues sacrées en bois de taille humaine, datant du XIIIe siècle, ont été prêtées par les moines bouddhistes du temple Kofuku-ji de Nara, capitale du Japon de 710 à 784. Elles sont accompagnées d’une effigie en bois du Bodhisattva (Bouddha) Jizo réalisée au IXe siècle, dont la plastique fluide et le visage paisible contrastent avec les allures athlétiques et menaçantes des rois ­gardiens.

Réalisés en cyprès japonais, les deux gardiens rois sont composés de plusieurs éléments

Leur juxtaposition, dans cette salle majestueuse de Guimet aux murs garnis des livres sur les religions collectionnés par le fondateur Emile Guimet (1836-1918), ­illustre l’évolution de l’esthétique dans la sculpture bouddhique ­entre la fin du Ier millénaire et le XIIIe siècle. Vers 1200, un nouveau genre voit le jour, caractérisé par l’expressivité et le naturalisme. On le doit à Unkei, qui ­dirige un atelier à Nara.

Les deux gardiens rois relèvent de cette « école Kei ». Réalisés en cyprès japonais, ils sont composés de plusieurs éléments, ce qui donne une impression de mouvement intense. Le bois est recouvert de tissu de chanvre sur lequel de l’argile blanche a été appliquée, masquant les articulations des différentes pièces.

Visage lisse et paisible

Les torses dénudés laissent saillir muscles et veines de manière très réaliste. Les deux statues portent la même jupe drapée, décorée de motifs peints lors de leur rénovation en 1288. Positionnées de part et d’autre de l’entrée du temple, elles assurent symboliquement la protection du monde bouddhiste face aux dangers spirituels et physiques.

La statue du Bodhisattva Jizo a, elle, été taillée d’un seul bloc. Elle est vêtue d’une robe et d’un manteau laissant voir une partie du torse, replet. Le visage est lisse et paisible, avec ses yeux mi-clos, son nez fin et sa bouche gracieusement ourlée. La tête, rasée comme celles des rois gardiens, porte une coiffe en forme de soleil, recouverte de peinture dorée. L’élégance et la beauté symbolisant la compassion et la paix d’un côté, la violence et le réalisme signes de force et de défense de l’autre.


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