Le chaudron de l’Estaque…

Le chaudron de l’Estaque…

juin 16, 2020 0 Par admin

Les vieux pêcheurs de l’Estaque connaissent ce lieu appelé « le chaudron de l’Estaque »…un ancien atelier qui servait à teindre les filets.

Autrefois, ces filets fabriqués en coton, en lin, en chanvre, moisissaient facilement sous l’effet de l’humidité et de la chaleur : il fallait donc les tremper dans des bains d’eau bouillante contenant des écorces de pins et de chênes.

Les palangres, ces petits paniers en coton qui servaient à capturer des poissons, grâce à un système de hameçons, étaient aussi plongés dans ces cuves odorantes.

Les chaudrons répandaient des odeurs fortes de bois, de résines, et les rues alentour étaient imprégnées de ces senteurs…

On imagine les pêcheurs d’autrefois poussant leurs brouettes remplies de filets pour rejoindre l’atelier, plonger leurs filets dans les cuves, puis les faire sécher… tout un cérémonial, tout un travail qui occupaient les pêcheurs, un ou deux jours de la semaine…

On imagine ce peuple grouillant de pêcheurs s’activant pour rejoindre la teinturerie…

On les entend s’interpeller avec le langage du sud, on les entend évoquer « la teinche », le « rusco »…

On entend leurs mots de pêcheurs : « un jambin, un salabre, un gobi, une esquinade, une arapède, une favouille, un estoquefiche… », des mots pleins de saveur et de pittoresque.

On perçoit leur accent du sud qui fait chanter les mots et les phrases.

Le bâtiment où se trouvaient ces ateliers existe toujours : une maison aux volets bleu lavande, au dessus de la grande porte d’entrée on peut lire cette inscription gravée en gros caractères : Prud’homie de pêche, teinturerie…

Le chaudron date du 19 ème siècle, une époque où les pêcheurs étaient nombreux à l’Estaque : le petit port vivait de cette activité, et chaque estaquéen de souche a un parent ou un ancêtre qui était pêcheur..

Avec l’apparition des filets de pêche en nylon, le chaudron de l’Estaque est devenu obsolète, mais il témoigne d’un temps où la pêche était une activité florissante sur la côte bleue, il montre aussi la rudesse de ce métier : les pêcheurs consacraient leur samedi et leur dimanche à cette activité de teinture, afin de préserver leurs filets qui étaient leur outil de travail…

Les filets étaient, aussi, sans cesse ravaudés par les pêcheurs : on les voyait sur le quai ou sur leurs pointus, en train de rafistoler et remailler leurs nasses…

Mon arrière grand-père qui était pêcheur a dû fréquenter, maintes fois, cet atelier de teinturerie au nom magique, située dans une rue appelée autrefois la Montée de la Sardine…

On le voit : à l’Estaque même les rues sont imprégnées de cette mer Méditerranée qui faisait vivre tant de petites gens…

Le chaudron qui permettait de rénover les filets était une véritable institution à l’Estaque, un lieu de rencontres des pêcheurs qui venaient de différents ports voisins pour profiter de ces cuves bienfaitrices.

De tels lieux qui témoignent d’une vie passée doivent être préservés : on ne visite pas le chaudron, hélas, mais le bâtiment est classé monument historique et il impose encore par sa large façade aux teintes de lumières…

Le chaudron de l’Estaque a perdu sa fonction ancienne mais il laisse dans les mémoires des souvenirs du temps passé, il fait revivre tout un monde d’artisans pêcheurs dont la vie a été rude et difficile…

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/11/l-ancien-chaudron-de-l-estaque.html


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