Les compositions de Thomas Houseago, sculpteur d’argiles et de cendres

Les compositions de Thomas Houseago, sculpteur d’argiles et de cendres

avril 18, 2019 0 Par admin

Première rétrospective en France de ce sculpteur britannique qui puise dans l’histoire des formes ses géants sans visage, espèce «Almost Human». Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris lui prête son apparat art déco.

Il y a dans l’exposition sculpturale de Thomas Houseago au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (MAM) quelque chose d’une évidence. L’évidence de l’art qui marche d’un pas résolu vers l’inconnu (Walking Man, 1995, plâtre, fer et jute, collection Elsa Cayo, Bruxelles). L’évidence du songe qui habite l’être humain, le travaille, le ravage comme un sortilège ou une promesse et le propulse vers l’action (Serpent, 2008, Tuf-Cal, chanvre, fer à béton, Oilbar, mine de plomb, bois, collection baron Guillaume Kervyn de Volkaersbeke). L’évidence de la liberté qu’aucune convention ne freine, même si l’histoire antique et ses masques y affleurent, ancêtres soudain réveillés – Untitled Face (Pink Tongue #2 / Green Face), 1995, plâtre, peinture acrylique, bois.

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L’évidence de la forme, toutes les formes, le profil et le creux, l’enveloppe et l’intérieur, le fini et l’inachevé. Comme si tout sculpteur traversait d’abord le miroir fragmenté laissé par le cubisme et les audaces du «late Picasso». Comme si le premier homme sortait de sa gangue d’argiles et de cendres et muait sous vos yeux (Sitting Nude, 2006, Tuf-Cal, chanvre, fer, Rubell Family Collection). Il y a enfin l’évidence de l’espace que la confrontation des géants de Thomas Houseago à l’architecture Art déco du Palais de Tokyo souligne et magnifie, au point que les frontières de l’histoire deviennent transparentes.

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Depuis la Biennale de Venise de 2011, durant laquelle il avait été difficile d’éviter son monumental Homme pressé placé à la proue du Palazzo Grassi, Thomas Houseago est connu comme le loup blanc de l’art. Un Britannique aux cheveux roux et au teint clair qui parsème son œuvre de chouettes totems, le symbole de sa ville natale de Leeds. Un sculpteur de 47 ans qui, depuis 2003, incarne le renouveau de la scène de Los Angeles, ce nouvel Eldorado. «On ne pouvait qu’avoir été marqué par cette forme nouvelle de sculpture qui mêlait monumentalité et fragilité, comme une affirmation énergique et son effondrement, une ruine et sa reconstruction», poursuit Fabrice Hergott, directeur du MAM.

«En quoi est-il différent?, s’interroge Penelope Curtis, ex-directrice de la Tate Britain, aujourd’hui celle de la Fondation Gulbenkian à Lisbonne. L’impression d’une articulation qui semble délibérément maladroite entre les différentes pièces de ses sculptures peut faire penser à la composition d’un cadavre exquis surréaliste.» De fait, dit-elle, «les figures de Houseago disparaissent, laissent leurs costumes derrière elles, comme si elles quittaient la scène».

Thomas Houseago, Almost Human,Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 12-14, avenue de New-York (XVIe). Tél.: 01 53 67 40 00. Horaires: mardi au dimanche, 10 h à 18 h. Nocturne le jeudi, 22 h. Jusqu’au 14 juillet 2019.

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