Les stratégies champêtres des galeries d’art

Les stratégies champêtres des galeries d’art

août 27, 2019 0 Par admin

A l’orée du Parc national des Calanques de Marseille, la Friche de l’Escalette, ancienne usine de traitement de minerai de plomb active de 1851 à 1925, offre un cadre exceptionnel avec ses ruines envahies par la végétation. Le marchand d’art Eric Touchaleaume l’a choisi pour y exposer des architectures légères et des sculptures d’artistes contemporains.

Le spécialiste du design du XXe siècle, avec sa Galerie54 à Paris, a acquis cette friche en 2011 pour y restaurer des maisons de Jean Prouvé. Depuis quatre étés, il l’ouvre gratuitement à la visite. Il invite ses clients collectionneurs dans cette Friche de l’Escalette, tenue par son fils Eliott.

« Le Bungalow du Cameroun, initialement destiné au logement d’un instituteur en brousse, est en cours d’aménagement pour le transformer en habitation de loisir » explique Eric Touchaleaume. Des modules abritant sanitaires, cuisine, et rangements, y seront disposés, des façades à portes coulissantes de Jean Prouvé et Charlotte Perriand provenant de l’Unité d’Habitation d’Air France de Brazzaville au Congo, installées. Le Pavillon 6X9 sera quant à lui transformé en pièce de lecture et atelier d’artiste.

Un cadre exceptionnel pour accueillir des oeuvres

Un cadre exceptionnel pour accueillir des oeuvresC. BARAJA – E. TOUCHALEAUME. ARCHIVES GALERIE 54 PARIS

Chaque été, carte blanche est donnée à un artiste contemporain tel Myriam Mihindou qui présente Transmission, un ensemble de cannes en grès, suspendues par des cordes de chanvre aux branches d’un pin torturé par le vent.

Parties de campagne

D’autres galeristes ont eu la même idée, à l’instar de Jean-Gabriel Mitterrand qui a ouvert un parc de sculptures dans le Var au Muy où il reçoit ses collectionneurs l’été. Dans ces écrins de verdure, les acheteurs sont plus détendus donc plus réceptifs. 
La Galleria Continua

l’a compris dès 2006 en investissent une ancienne usine de papier au bord d’une rivière, « Le Moulin » à Boissy-le-Chatel, en Seine et Marne. A 73 kilomètres de Paris, les amateurs d’art viennent y passer la journée. Le galeriste italien a même inauguré un second site voisin en 2009, la papeterie de Sainte-Marie. Avec des espaces aux volumes impressionnants pour exposer des oeuvres de très grand format.

Le galeriste parisien Christophe Gaillard a acheté il y a quelques mois le manoir de Tremblay en Normandie, dans un parc de 14 hectares à mi-chemin entre le Perche et Deauville où dès l’an prochain il pourra héberger ses clients, proposer des résidences à des artistes ou critiques d’art, stocker ses oeuvres, et organiser des expositions.

Certains professionnels, sans investir dans du patrimoine, convient leurs collectionneurs à une « Partie de campagne » lors de week-ends conviviaux comme en organise Bernard Utudjian, fondateur de la galerie photo Polaris, avec une douzaine de confrères : l’occasion de découvrir des expositions 
d’artistes contemporains dans des villages du vignoble

de Chassagne-Montrachet.

Pour Georges-Philippe Vallois, à la tête du Comité Professionnel des Galeries d’Art, ces initiatives constituent une approche originale. « J’aime l’idée du contrepoint : puisqu’il faut faire des foires dans les plus grandes villes, être proches d’événements majeurs dans les capitales… faisons l’inverse ! » dit-il.

Les liens privilégiés tissés engendrent une fidélisation de la clientèle qui se concrétise ensuite en ville.

A l’étranger aussi

Et le mouvement n’est pas propre à la France. La galerie Hauser & Wirth, qui a déjà investi une ferme XVIIIe de la campagne du Somerset, inaugurera en 2020 un centre d’art sur l’île de Minorque en Espagne, dans 1.500 mètres carrés de dépendances d’un hôpital désaffecté où pourront notamment être réalisées des commandes ambitieuses passées auprès des artistes qu’elle représente.


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